• Accueil
  • L'école
  • Travaux des élèves
  • Mastère de Presse Culturelle / Dossier Street Art : « Echappées d’art » à Angers, quand l’art envahit les rues de Eléonore Fleury

Mastère de Presse Culturelle / Dossier Street Art : « Echappées d’art » à Angers, quand l’art envahit les rues de Eléonore Fleury

Capture décran 2020 03 20 à 18.07.48

Dix sections - Daniel Munoz (photo de my-angers.info)

Depuis 2016 le festival Echappées d’Art redéfinit les contours de l’espace urbain et permet aux angevins de profiter d’oeuvres d’art au détour des rues. Chaque année l’espace urbain d’Angers est transformé. De nombreux artistes, parfois venus de très loin, sont invités à s’emparer des murs encore vierges et laissent libre cours à leur imagination, réalisant ainsi la fresque de leur choix.

 En 2019 trois nouvelles oeuvres sont venues orner les murs d’Angers : « Abstrait Thing » de Nuria Mora, une artiste espagnole qui s’est fait connaitre grâce à la délicatesse de son travail abstrait et par ses créations hautes en couleur, « Les écouteurs » de Jean Moderne aka RCF, figure pionnière du street art français marquée par la culture rock, et enfin « Color Pencil Composition » d’Aryz, un artiste espagnol qui tague partout dans le monde en utilisant différents supports et techniques. Ce dernier dit ne peindre que « pour » et « avec » les immeubles et «non pour les spectateurs ». De nombreux artistes s’attachent donc à habiller l’espace urbain d’une ville. 

Okuda, par exemple, en 2017 a revisité la célèbre tenture de l’Apocalypse, qui se trouve au château d’Angers sur un des murs, assez banal, d’Angers (boulevard du Maréchal Foch). En effet, cette année-là le festival Echappées d’Art avait pour thème « Sortir les oeuvres des musées ». Ainsi certaines oeuvres ont été reproduites à l’identique sur différentes surfaces ou comme celle-ci, ont été modernisées. Sur l’interprétation d’Okuda on retrouve le dragon de mer à trois têtes et les anges. Ici le street-art cherche à embellir un bâtiment et revisite une oeuvre du Moyen-âge en la modernisant et la rendant accessible à tous.

Capture décran 2020 03 20 à 18.08.00

Apocalypsis - Okuda (photo d'art-insta-nantes)

A propos de modernisation un angevin de 22 ans, très attaché à cette fresque « représentative de la ville d’Angers car centrale et très connue, il n’aime pas les reprises copier-coller d’anciennes oeuvres, mais qu’avec celle-ci il y a une nouvelle interprétation et une volonté de recréer quelque chose". Il ne savait pas que cette fresque était une reprise de la tenture de l’Apocalypse. Il trouvait simplement la fresque belle "Je ne sais pas pourquoi mais elle me fait penser à la « Persistance de la Mémoire » de Dali qui est un tableau que j’aime beaucoup. Il y a donc sans doute un côté émotionnel qui me fait aimer cette fresque".

Selon lui, les oeuvres historiques comme la tenture de l’Apocalypse n’ont pas besoin d’être modernisées pour être appréciées car « l’art me semble plutôt intemporel » explique-t-il, en ajoutant néanmoins que l’idée de street art comme « moyen d’embellir une ville » est intéressante. « A Varsovie il y a tout un quartier dédié au street art et c’est cool parce que cela permet de re-dynamiser tout un espace».

"La fresque est monumentale, on ne voit que ça. Là où elle est située, à un carrefour, avec à sa gauche un immeuble moderne et devant le tram, cela donne une vision assez moderne de la ville d’Angers. Cela colle bien au quartier et se démarque du château et de la vieille ville" nous a confié un trentenaire bordelais d’origine mais fraichement arrivé à Angers, à propos de cette fresque. Sur le street art en général, il a un avis plus mitigé, expliquant que cela ne rentre pas dans sa définition de l’art. « On ne met pas du street art sur l’Arc de Triomphe. Il faut que cela soit ancré dans l’environnement. Un monument historique est historique donc on n’y touche pas ». Si le street art peut améliorer l’aspect d’un quartier, cela lui va dès lors qu’il y a un réel but artistique.  

"Le street art peut apporter un plus si les immeubles modernes n’ont aucun intérêt. C’est un bon clin d’oeil et un point de vue, puisque cela met en lumière certains aspects et en gomme d’autres. Je trouve ça sympa que la tenture ait été modernisée, il y a un vrai but ; parce que sinon je ne trouve pas que cela ait un grand intérêt à moderniser des oeuvres juste pour « les moderniser ».  

En plus de ce festival annuel, la ville d’Angers a mis en place deux PAL, des Panneaux Artistiques Libres. Le principe du PAL repose sur le caractère éphémère de l’œuvre. Tout artiste peut peindre sur l’oeuvre déjà existante, en sachant que sa propre oeuvre va être recouverte. Néanmoins il arrive que des palissades masquant des travaux viennent s’ajouter à ces deux PAL, devenant ainsi des PAL’issades. 

Angers comme une ville de street art ? Cela peut s’envisager si l’on considère son engouement et sa dévotion pour ce style artistique. Il est agréable de flâner et déambuler dans les rues angevines et de découvrir au détour d’une rue sur une façade d’immeuble, sur une rame de tramway ou sur un pignon de maison une oeuvre de street art. Elles s’inscrivent dans le paysage et d’une certaine manière embellissent ou, du moins, habillent la ville. En plus de vouloir transmettre des messages, se rebeller ou militer, le street art peut avoir vocation à l’ornement et rendre lart accessible.  

Ele 

 

 

 

 

 

Eléonore FLEURY / Elève du Master Presse Culturelle à l’ESJ

Pin It

Dernières vidéos