Laurène L’Allinec, dans l’intimité du témoignage

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Laurène L’Allinec n'est tenue par aucune institution. Sa seule attache : son goût pour les voix hautes en couleur, celles qui se sont battues pour faire entendre les formes, les idéaux, les luttes.  Dans son livre Désaccord consommé, publié chez Robert Laffont en 1987, elle raconte son expérience à la télévision, et, une nouvelle fois, sa façon d’avoir incarné le droit à la parole citoyenne sur la consommation. Elle quitte les lieux quand la politique reprend sa tutelle sur la liberté que lui octroyait jadis la chaine. En 2001, elle réalise une série documentaire sous la forme de témoignages de survivants du Goulag. 

 Chaque épisode propose d’écouter une figure de la dissidence. Dans l'un d'entre eux, Alexandre Ginzburg, journaliste, raconte avoir été envoyé au goulag pour avoir participé à… une revue de poésie manuscrite ! A nouveau, c'est son désir de faire entendre les voix récalcitrantes au pouvoir autoritaire qui a animé la réalisatrice. Dans son travail avec l’écrivain Philippe Sollers, enfin, Laurène L’Allinec propose une véritable synesthésie entre la caméra, les oeuvres et l’écrivain. Les arts - audiovisuels, picturaux, langagiers - se mêlent sans artifice, et c’est avec une confiance véritable que Philippe Sollers offre à son amie sa voix et son visage, dans leur intimité pure. Une vie de travail, en somme, dédiée à louer la parole libre. 

Texte de Margaux Cassan

 

 

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